GPL en camping-car en hiver : peut-on l’utiliser par grand froid ?
Le GPL est une solution particulièrement pratique en camping-car : il permet de faire le plein dans de nombreux pays, évite de devoir échanger des bouteilles de formats différents et offre une grande autonomie pour le chauffage, l’eau chaude, le réfrigérateur ou la cuisine.
Mais une question revient régulièrement lorsque les températures baissent :
peut-on utiliser du GPL dans un camping-car en plein hiver ?
La réponse est oui, mais avec une nuance importante : tous les GPL ne se comportent pas de la même manière lorsqu’il fait très froid.
La proportion de propane et de butane, le pays et la saison du remplissage, la température extérieure, le type de bouteille ou de réservoir ainsi que l’état du détendeur peuvent tous influencer le fonctionnement de l’installation.
C’est particulièrement important pour les camping-caristes qui remplissent leur réservoir GPL pendant leurs vacances d’été en France ou en Italie, puis utilisent encore ce même gaz plusieurs mois plus tard dans les Alpes suisses.
GPL, propane et butane : quelle différence en hiver ?
Le GPL automobile est généralement constitué d’un mélange de propane et de butane.
Ces deux gaz n’ont cependant pas le même comportement lorsque la température diminue.
Le propane peut continuer à se vaporiser à des températures très basses, alors que le butane devient beaucoup moins adapté lorsque la température approche de 0 °C.
C’est la raison pour laquelle le propane est généralement privilégié pour une utilisation hivernale.
Dans un camping-car, cette différence est particulièrement importante car les appareils utilisent le gaz sous forme gazeuse. Le liquide contenu dans la bouteille ou le réservoir doit donc pouvoir se vaporiser suffisamment pour alimenter correctement le chauffage, le réfrigérateur ou les autres appareils.
Le GPL peut-il vraiment geler dans un camping-car ?
Lorsque quelqu’un dit que son « GPL a gelé », le gaz contenu dans le réservoir n’est généralement pas devenu un bloc de glace.
Le problème vient plutôt de sa capacité à se vaporiser et à maintenir une pression suffisante lorsque la température baisse.
Un mélange contenant beaucoup de butane peut donc devenir difficile à utiliser par grand froid alors qu’il reste encore du GPL liquide dans la bouteille ou le réservoir.
C’est pourquoi une jauge peut indiquer qu’il reste du gaz alors que le chauffage ne reçoit plus suffisamment de gaz pour fonctionner normalement.
Avoir encore du GPL dans le réservoir ne signifie donc pas nécessairement que tout ce GPL reste utilisable dans les mêmes conditions de température.
Existe-t-il vraiment un GPL été et un GPL hiver ?
Oui, mais il faut comprendre ce que cela signifie.
La composition du GPL automobile n’est pas identique toute l’année ni dans tous les pays européens.
Les carburants GPL commercialisés en Europe répondent notamment à la norme EN 589, qui définit différentes classes en fonction de leurs caractéristiques de pression de vapeur.
Cela permet d’adapter le carburant aux conditions climatiques.
En pratique, les mélanges distribués pendant les périodes froides sont généralement mieux adaptés aux basses températures que certains mélanges commercialisés pendant l’été.
Mais il n’existe pas une recette européenne unique du type :
« GPL hiver = X % propane et Y % butane ».
La composition peut varier selon le pays, la saison, le fournisseur et la station.
C’est une distinction importante pour les camping-caristes qui voyagent beaucoup en Europe.
Le GPL est-il identique en Suisse, en France et en Italie ?
Non.
Les exigences et les caractéristiques du GPL peuvent varier selon les pays et les saisons.
Un GPL parfaitement adapté à l'utilisation automobile dans une région chaude en été n'est donc pas nécessairement le mélange idéal pour alimenter le chauffage d'un camping-car stationné plusieurs jours à très basse température dans les Alpes.
Cela ne pose généralement aucun problème pour un véhicule fonctionnant au GPL comme carburant, car le fonctionnement de son système d'alimentation est différent.
Dans un camping-car, en revanche, nous utilisons le GPL pour alimenter des appareils comme le chauffage, le réfrigérateur ou la cuisinière, avec un prélèvement du gaz adapté à l'installation.
C'est là que la proportion de propane et de butane devient particulièrement importante.
Du GPL acheté en été en France ou en Italie peut-il poser problème en Suisse l’hiver ?
Oui, c’est possible.
Prenons une situation très courante.
Vous partez en vacances dans le sud de la France ou en Italie en juillet.
Vous remplissez votre bouteille GPL ou votre réservoir GPL de camping-car.
À la fin des vacances, il reste encore une quantité importante de gaz.
Le camping-car roule ensuite relativement peu pendant l’automne.
Quelques mois plus tard, vous partez skier en Suisse et stationnez le véhicule avec des températures largement négatives.
Le GPL présent dans le réservoir est toujours celui que vous avez acheté pendant l’été.
Il ne devient évidemment pas automatiquement un mélange adapté à l’hiver lorsque la saison change.
Si le mélange restant contient une proportion importante de butane, son comportement par grand froid peut donc être moins favorable qu’un GPL riche en propane.
C’est une situation que l’on oublie facilement lorsque l’on utilise une <u>bouteille rechargeable ALUGAS Travelmate ou un réservoir GPL de grande capacité : contrairement à une bouteille traditionnelle que l’on échange lorsqu’elle est vide, le gaz peut rester longtemps dans le réservoir.
Pourquoi peut-il rester du GPL alors que le chauffage ne fonctionne plus correctement ?
Il existe encore une autre particularité.
Le propane et le butane n’ont pas exactement la même volatilité.
Lors d’un prélèvement en phase gazeuse, le propane, plus volatil, peut être consommé proportionnellement davantage que le butane.
Le mélange restant peut donc progressivement devenir moins favorable à une utilisation à très basse température.
Cela explique pourquoi deux informations apparemment contradictoires peuvent être vraies en même temps :
la bouteille contient encore du GPL,
mais
le chauffage ne reçoit plus suffisamment de gaz dans les conditions présentes.
Avant de conclure immédiatement à une panne du chauffage ou du détendeur, il faut donc également considérer la température et la composition possible du gaz restant dans le réservoir.
Peut-on simplement compléter avec du GPL d’hiver ?
Faire l’appoint avec un GPL mieux adapté au froid peut améliorer la situation, mais il faut garder une chose en tête :
le nouveau GPL se mélange avec celui qui est déjà présent dans le réservoir.
Si une quantité importante de GPL riche en butane est encore présente, ajouter quelques litres d’un mélange plus riche en propane ne permet pas de connaître précisément la composition finale.
Plus le réservoir est rempli avec un gaz adapté aux basses températures, plus la situation peut évidemment évoluer favorablement.
Mais il serait trompeur de promettre qu’un simple appoint transforme instantanément un mélange d’été en un mélange d’hiver parfaitement défini.
Un GPL riche en butane et un détendeur qui givre sont deux problèmes différents
C’est une distinction particulièrement importante.
Un problème de vaporisation lié à un mélange trop riche en butane n’est pas la même chose qu’un détendeur qui givre.
Et les solutions ne sont donc pas les mêmes.
Un détendeur peut givrer même lorsque le gaz utilisé est parfaitement capable de fonctionner à basse température.
Truma indique notamment que des traces d’eau présentes dans le GPL peuvent former de petits cristaux de glace aux environs de 0 °C. Ceux-ci peuvent atteindre le détendeur et réduire progressivement le débit de gaz, jusqu’à éventuellement interrompre l’alimentation.
C’est précisément pour ce type de problème qu’existe le système Truma EisEx.
À quoi sert le Truma EisEx ?
Le Truma EisEx est un dispositif électrique destiné à réchauffer le détendeur afin d’éviter son givrage par temps froid.
Il ne modifie évidemment pas la composition du GPL.
Autrement dit :
chauffer le détendeur ne transforme pas du butane en propane.
Si le problème vient d’un mélange de GPL inadapté aux températures rencontrées, l’EisEx ne peut pas modifier les propriétés du gaz contenu dans la bouteille.
En revanche, lorsqu’il s’agit réellement d’un problème de givrage du détendeur, le chauffage de celui-ci peut être particulièrement utile. Truma le présente précisément comme une solution destinée à empêcher le givrage du régulateur et à maintenir l’alimentation en gaz par temps froid.
Selon l’installation, cette fonction peut être associée à différents équipements de gestion de l’alimentation en gaz.
Nous reviendrons dans un article spécifique sur le Truma DuoControl CS, son fonctionnement, le passage automatique entre deux bouteilles, le capteur de choc et les différentes possibilités de commande.
Pourquoi les filtres à gaz sont-ils importants avec le GPL ?
Le froid n’est pas le seul élément à prendre en compte avec une installation GPL rechargeable.
Le GPL peut également transporter des aérosols et résidus huileux provenant notamment de sa chaîne logistique.
Truma explique que ces contaminants peuvent progressivement se déposer dans les détendeurs, les conduites et les vannes et provoquer des dysfonctionnements. Le fabricant indique que son filtre actuel peut retenir jusqu’à 99,9 % des aérosols.
C’est particulièrement pertinent avec les bouteilles rechargeables et les réservoirs GPL, puisque le gaz peut provenir de nombreuses stations et de différents fournisseurs au cours de la vie du véhicule.
Sur les installations Truma concernées, nous accordons donc une attention particulière à la présence et à l’état des filtres à gaz.
Un filtre ne sert pas à rendre le GPL plus résistant au froid.
Il protège le détendeur et l’installation contre certaines contaminations transportées par le gaz.
Ce sont donc encore deux problèmes différents qu’il ne faut pas confondre.
Une installation à deux bouteilles améliore-t-elle l’autonomie en hiver ?
Elle augmente naturellement la quantité de gaz disponible, mais elle apporte également un avantage pratique.
Avec un Truma DuoControl CS, deux bouteilles peuvent être raccordées au système. Lorsque la bouteille de service est vide, le détendeur bascule automatiquement sur la seconde. Le DuoControl CS intègre également un capteur de choc.
Pour quelqu’un qui utilise régulièrement son camping-car en hiver, ne pas devoir sortir en pleine nuit parce que la première bouteille vient de se vider représente un confort appréciable.
Mais là encore, deux bouteilles contenant un GPL mal adapté au froid ne deviennent pas automatiquement une bonne alimentation hivernale simplement parce qu’elles sont deux.
La qualité et la composition du gaz restent importantes.
Faut-il ajouter un additif dans le GPL pour l’hiver ?
Nous sommes prudents sur ce point.
On trouve différentes affirmations concernant des produits destinés à améliorer le comportement du GPL, mais un additif ne peut évidemment pas transformer chimiquement du butane en propane.
Chez Camper Care, nous préférons travailler sur les causes réelles du problème :
la qualité du GPL utilisé, sa composition probable, les conditions de remplissage, le fonctionnement du détendeur, sa protection contre le givrage et l’état général de l’installation.
Nous ne recommandons donc pas d’ajouter arbitrairement un produit dans une bouteille ou un réservoir GPL sans disposer d’une validation claire de sa compatibilité avec l’installation et ses différents composants.
Bouteille rechargeable ou réservoir GPL fixe : le principe n’est pas exactement le même
De nombreux camping-cars utilisent des bouteilles rechargeables ALUGAS, installées dans le coffre à gaz et remplies depuis une prise extérieure.
D’autres véhicules disposent d’un réservoir GPL fixe, parfois installé sous le châssis.
Les deux solutions permettent d’augmenter considérablement la facilité de ravitaillement en voyage, mais leurs installations, leurs composants et leurs contraintes ne sont pas identiques.
Truma propose d’ailleurs un détendeur spécifique MonoControl CS T pouvant être raccordé directement à la soupape de prélèvement d’un réservoir à gaz et fournissant une pression de sortie de 30 mbar.
Le positionnement extérieur du réservoir, le type de prélèvement, le détendeur, les protections, le remplissage et les exigences liées à l’installation doivent donc être considérés ensemble.
Les réservoirs GPL fixes méritent à eux seuls un article spécifique, car leur installation dans un camping-car est beaucoup plus technique qu’un simple ajout de capacité de gaz.
Comment préparer une installation GPL avant un séjour hivernal ?
Avant de partir plusieurs jours en montagne, quelques vérifications permettent d’éviter beaucoup de problèmes.
Il est utile de connaître l’origine et la période de remplissage du GPL encore présent dans le véhicule, particulièrement si le dernier plein important a été effectué pendant l’été dans une région chaude.
Il faut également vérifier l’état général de l’installation, le détendeur, les lyres, les filtres et, lorsque le véhicule en est équipé, le fonctionnement du système de protection contre le givrage.
Sur une installation rechargeable, il faut enfin s’assurer que le remplissage, les bouteilles ou le réservoir et leurs différents dispositifs sont adaptés au véhicule et correctement installés.
Et si un chauffage fonctionne normalement à température modérée mais commence à présenter des problèmes uniquement lorsque les températures deviennent très basses, la panne du chauffage n’est pas la seule hypothèse à envisager.
L’alimentation en gaz fait partie du diagnostic.
Le GPL reste une excellente solution pour voyager en hiver
Tous ces points ne doivent pas donner l’impression que le GPL est mal adapté à l’hiver.
Au contraire.
Avec une installation correctement conçue et entretenue, et un gaz adapté aux températures rencontrées, le GPL offre une solution particulièrement pratique pour voyager en camping-car en Suisse et en Europe.
Les bouteilles rechargeables ALUGAS permettent notamment de conserver le principe d’un coffre à bouteilles tout en bénéficiant du remplissage GPL.
Les réservoirs fixes permettent d’aller encore plus loin en matière de capacité et d’intégration.
Et des équipements comme les filtres, le chauffage du détendeur ou les systèmes de gestion à deux bouteilles permettent d’améliorer la fiabilité et le confort de l’installation lorsqu’ils répondent réellement au besoin du véhicule.
Installation GPL et contrôle gaz chez Camper Care
Une installation GPL dans un camping-car ne se résume pas au montage d’une bouteille rechargeable.
Le remplissage, les raccordements, le détendeur, les lyres, les filtres, la ventilation du coffre, les dispositifs de sécurité et les appareils alimentés doivent former une installation cohérente et adaptée au véhicule.
Camper Care est contrôleur gaz, installateur gaz et installateur GPL qualifié pour les véhicules de loisirs.
À notre atelier de Ballaigues, nous réalisons notamment l’installation et le contrôle de systèmes GPL, de <u>bouteilles rechargeables ALUGAS, de détendeurs et d’équipements Truma, ainsi que le diagnostic des installations gaz des camping-cars, vans et caravanes.
Notre travail ne consiste pas uniquement à installer un équipement : nous cherchons à comprendre comment l’ensemble de l’installation sera réellement utilisé, en Suisse comme lors de voyages à l’étranger et notamment dans des conditions hivernales.
Car lorsqu’il s’agit de gaz dans un camping-car, la sécurité, la fiabilité et la compréhension du système sont aussi importantes que l’autonomie.
Chez Camper Care, nous utilisons nous-mêmes un réservoir GPL fixe dans notre camping-car, toute l’année, y compris lors de nos voyages en hiver. Cette expérience d’utilisation complète naturellement notre travail d’installation, de contrôle et de diagnostic des systèmes GPL.
Avec une installation correctement conçue et entretenue...
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