Chauffage en camping-car l’hiver : quelle autonomie prévoir ?
Voyager en camping-car en hiver change complètement la manière dont on utilise l’énergie à bord.
Lorsque les températures deviennent négatives, le chauffage peut fonctionner pendant de nombreuses heures, parfois presque en continu. La production solaire diminue, les journées raccourcissent et l’eau chaude contribue elle aussi à la consommation d’énergie.
Une question revient alors souvent :
combien de temps peut-on réellement rester autonome avec le chauffage en hiver ?
Il n’existe pas une réponse valable pour tous les camping-cars.
L’autonomie dépend du type de chauffage, de la température extérieure, de la température souhaitée à l’intérieur, de l’isolation du véhicule, mais aussi des réserves de gaz ou de diesel et de la capacité électrique disponible.
Pour bien préparer un voyage hivernal, il faut donc regarder l’installation dans son ensemble.
En hiver, le chauffage dépend de plusieurs sources d’énergie
Lorsqu’on parle d’autonomie du chauffage, on pense généralement en premier au combustible.
Pour un chauffage au gaz, on regarde la quantité de propane ou de GPL disponible.
Pour un chauffage diesel, on regarde le niveau du réservoir.
Mais cela ne suffit pas.
Un système de chauffage moderne a généralement aussi besoin d’électricité pour fonctionner.
Électronique, ventilateur, pompe de circulation selon le système, commandes et différents composants électriques continuent à consommer de l’énergie pendant le fonctionnement.
L’autonomie hivernale dépend donc souvent de trois éléments :
la réserve d’énergie du chauffage, la réserve électrique et les besoins thermiques du camping-car.
C’est l’équilibre entre ces trois éléments qui détermine réellement combien de temps le véhicule peut rester autonome.
Chauffage au gaz : combien de temps peut-on tenir ?
Le gaz reste une source d’énergie très utilisée pour le chauffage des camping-cars.
Mais donner une autonomie en nombre de jours uniquement à partir de la taille d’une bouteille serait trompeur.
La consommation varie fortement selon les conditions.
Un camping-car maintenu à une température confortable lorsqu’il fait quelques degrés à l’extérieur ne demandera pas la même énergie qu’un véhicule stationné plusieurs jours à -10 °C.
Le volume intérieur, l’isolation, la présence d’un double plancher, les surfaces vitrées, les ponts thermiques et la température demandée jouent également un rôle.
Il faut aussi tenir compte des autres appareils fonctionnant éventuellement au gaz.
Deux camping-cars équipés du même chauffage et des mêmes bouteilles peuvent donc avoir des autonomies très différentes.
Une deuxième bouteille peut changer beaucoup de choses
Pour une utilisation hivernale régulière, disposer de deux bouteilles de gaz apporte une réserve supplémentaire mais également davantage de tranquillité.
Personne n’a envie de découvrir au milieu de la nuit, par température négative, que la bouteille utilisée pour le chauffage vient de se vider.
Des systèmes permettent de basculer automatiquement d’une bouteille à l’autre.
Nous reviendrons dans un article spécifique sur le Truma DuoControl CS, son fonctionnement, les filtres à gaz, le DuoC et les solutions adaptées à une utilisation hivernale.
L’important ici est simplement de retenir qu’en hiver, la gestion de la réserve de gaz fait partie intégrante de l’autonomie du véhicule.
Et le GPL en hiver ?
Les bouteilles rechargeables et les installations GPL pour camping-car peuvent être intéressantes pour les voyageurs qui utilisent régulièrement leur véhicule.
Elles facilitent notamment le ravitaillement lors de voyages prolongés.
Mais l'utilisation du GPL en hiver soulève des questions particulières : proportion de propane et de butane, température, gaz déjà présent dans le réservoir depuis l’été, détendeur, filtration ou encore fonctionnement par grand froid.
Ces questions méritent une explication complète.
Nous les traiterons séparément dans notre article consacré à l’utilisation du GPL en camping-car en hiver, plutôt que de réduire le sujet à l’affirmation trop simple selon laquelle « le GPL fonctionne » ou « ne fonctionne pas » lorsqu’il fait froid.
Chauffage diesel : un réservoir d’énergie beaucoup plus important
Le chauffage diesel pour camping-car présente une logique différente du chauffage au gaz.
Des systèmes comme AUTOTERM Air 2D / Air 4D ou les solutions Webasto utilisent le diesel comme source d’énergie. Selon l’installation, le carburant peut être prélevé directement dans le réservoir du véhicule, ce qui évite de dépendre uniquement de la capacité de bouteilles de gaz pour assurer le chauffage.
Pour quelqu’un qui voyage régulièrement en hiver ou recherche davantage d’autonomie, c’est un avantage important : le réservoir du véhicule représente généralement une réserve d’énergie beaucoup plus importante qu’une ou deux bouteilles de gaz.
Le diesel est également facile à trouver lors d’un voyage, ce qui peut simplifier le ravitaillement lors de séjours prolongés ou de déplacements dans plusieurs pays.
Chez Camper Care, nous travaillons notamment avec AUTOTERM et Webasto pour les installations de chauffage diesel dans les camping-cars, vans et fourgons aménagés. Le choix du système et de sa puissance doit cependant être adapté au véhicule, à son volume, à son isolation et à l’utilisation prévue.
Il faut également conserver une réserve de carburant suffisante pour pouvoir reprendre la route.
Et surtout, chauffage diesel ne signifie pas chauffage sans électricité.
Un chauffage diesel consomme aussi de l’électricité
Qu’il s’agisse d’un AUTOTERM, d’un Webasto ou d’un autre chauffage diesel, le système a également besoin d’électricité pour fonctionner.
La pompe à carburant, l’électronique et surtout la ventilation utilisent l’énergie de la batterie cellule. Le démarrage du chauffage demande également davantage de puissance électrique que certaines phases de fonctionnement stabilisé.
On peut donc disposer encore de beaucoup de diesel dans le réservoir et malgré tout rencontrer un problème de chauffage si la batterie cellule n’est plus capable de fournir correctement l’énergie nécessaire.
C’est pourquoi l’autonomie en diesel et l’autonomie électrique doivent toujours être analysées ensemble.
Truma, Alde, gaz ou diesel : chaque système fonctionne différemment
Il existe plusieurs technologies de chauffage pour camping-car et caravane.
Les systèmes Truma à air pulsé, les installations Alde à circulation de liquide et les chauffages diesel comme AUTOTERM ou Webasto n’ont pas exactement le même fonctionnement ni les mêmes besoins énergétiques.
Certaines installations permettent également d’utiliser le 230 V lorsqu’il est disponible.
L’objectif n’est donc pas de désigner une technologie comme systématiquement meilleure que toutes les autres.
Il faut plutôt comprendre comment le système présent dans le véhicule produit et distribue la chaleur, quelle énergie il utilise et quelles ressources il nécessite pour fonctionner.
C’est cette analyse qui permet d’évaluer correctement son autonomie.
La batterie peut devenir le véritable facteur limitant
C’est un point parfois sous-estimé.
On peut disposer de suffisamment de gaz ou de diesel et malgré tout ne plus pouvoir utiliser correctement le chauffage si l’installation électrique n’a plus suffisamment d’énergie.
En hiver, plusieurs facteurs se cumulent.
Le chauffage fonctionne davantage.
L’éclairage est utilisé plus longtemps.
Les journées sont plus courtes.
Et la production solaire peut être beaucoup plus faible.
Une batterie cellule adaptée au camping-car devient donc particulièrement importante lorsqu’on souhaite voyager régulièrement sans raccordement au 230 V.
Batterie lithium et températures négatives
Les batteries LiFePO4 permettent d’obtenir une capacité utile importante et sont aujourd’hui très utilisées dans les camping-cars.
Mais le froid demande une attention particulière.
Selon la batterie et son système de gestion, la recharge à très basse température peut être limitée ou interrompue afin de protéger les cellules.
C’est pourquoi, pour les véhicules destinés à être utilisés toute l’année, Camper Care privilégie généralement des batteries lithium avec BMS, Bluetooth et chauffage intégré.
Le système de chauffage de la batterie permet de la ramener dans des conditions compatibles avec la recharge lorsque sa température est trop basse.
Cela ne signifie pas pour autant qu’une grosse batterie résout automatiquement tous les problèmes d’autonomie.
Il faut encore pouvoir la recharger.
Recharger en roulant : le rôle du booster DC/DC
Lorsqu’un camping-car se déplace régulièrement, l’alternateur du véhicule peut contribuer fortement à l’autonomie électrique.
Sur les installations modernes, un booster DC/DC permet de gérer correctement la recharge de la batterie cellule pendant la conduite.
Cela peut être particulièrement intéressant en hiver.
Un trajet entre deux étapes permet alors de restituer une partie de l’énergie consommée pendant la nuit.
Pour un voyage itinérant, cette capacité de recharge peut parfois être plus importante qu’une augmentation pure et simple de la capacité de batterie.
Pourquoi il ne faut pas surestimer le solaire en hiver
Les panneaux solaires du camping-car restent utiles en hiver, mais leur production peut être nettement inférieure à celle observée en été.
Les journées sont plus courtes.
Le soleil est plus bas.
La météo peut réduire fortement la production.
Les montagnes, bâtiments ou arbres créent facilement de l’ombre.
Et quelques centimètres de neige sur un panneau peuvent encore modifier complètement la situation.
Dimensionner son autonomie hivernale en supposant que le solaire produira comme en juillet est donc une mauvaise base de calcul.
Le solaire doit être considéré comme une source de recharge parmi d’autres.
Avec du 230 V, la situation change
Lorsqu’on séjourne dans un camping ou une aire proposant une alimentation électrique, une grande partie du problème d’autonomie disparaît.
Le chargeur peut maintenir ou recharger la batterie cellule.
Et certains systèmes de chauffage permettent également d’utiliser tout ou partie de l’énergie provenant du 230 V.
L'utilisation réelle dépend cependant du chauffage installé, de sa configuration et de la puissance électrique disponible sur l’emplacement.
C’est une différence fondamentale entre deux types de voyages hivernaux :
rester plusieurs jours raccordé au réseau n’impose pas les mêmes contraintes que stationner plusieurs nuits en autonomie complète.
L’isolation influence directement la consommation
Produire de la chaleur est une chose.
La conserver à l’intérieur du véhicule en est une autre.
Un camping-car bien isolé, avec un double plancher et des installations protégées du froid, ne réagira pas comme un véhicule présentant davantage de ponts thermiques.
La cabine constitue souvent une zone importante de déperdition.
Le pare-brise et les vitres représentent de grandes surfaces exposées au froid.
Des protections adaptées peuvent donc réduire les pertes thermiques et améliorer le confort.
Chaque kilowattheure qui n’est pas perdu inutilement est un kilowattheure qu’il n’est pas nécessaire de produire.
Améliorer l’autonomie ne signifie donc pas toujours installer une batterie plus grande ou emporter davantage de combustible.
La température demandée change fortement les besoins
Il existe également une différence importante entre maintenir un camping-car à une température modérée et vouloir conserver en permanence une température très élevée.
Plus l’écart entre la température extérieure et intérieure augmente, plus les pertes thermiques deviennent importantes.
En pratique, quelques degrés de différence dans la température demandée peuvent donc avoir un impact sur la consommation pendant un séjour prolongé.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut voyager dans le froid.
Mais comprendre ce phénomène permet d’adapter raisonnablement le chauffage lorsque l’objectif est de rester autonome plusieurs jours.
Piloter le chauffage à distance pour mieux gérer son autonomie
Augmenter l’autonomie ne signifie pas forcément installer une batterie plus grande ou emporter davantage de gaz ou de diesel.
Mieux gérer le chauffage lorsque personne ne se trouve dans le véhicule peut également permettre d’éviter une consommation inutile.
Avec une installation compatible, le Truma iNet X Connect permet de piloter à distance, depuis un smartphone, différents équipements intégrés au Truma iNet X System. Il devient ainsi possible de modifier la température du chauffage même lorsque l’on se trouve loin du camping-car.
Cette possibilité ne concerne pas uniquement les chauffages Truma. Certains systèmes Alde peuvent également être intégrés au Truma iNet X System.
Quels chauffages Alde sont compatibles avec Truma iNet X ?
Selon la liste de compatibilité Truma, le système peut notamment être utilisé avec :
• Alde Compact 3030
• Alde Compact 3030 Plus
• Alde Compact 3020 HE à partir de 2017, sous réserve de la version électronique et de la configuration de l’installation.
Pour un Alde Compact 3020 HE, la compatibilité doit donc être vérifiée avant toute modification. La présence d’un chauffage compatible ne signifie pas automatiquement que tous les éléments nécessaires sont déjà installés dans le véhicule.
Chez Camper Care, nous utilisons nous-mêmes la commande à distance du chauffage en hiver.
Lorsque nous partons faire du snowboard, nous réduisons la température du chauffage pendant la journée afin d’éviter de chauffer inutilement le véhicule. Avant de redescendre des pistes, nous remontons la température à distance à environ 20 °C. Lorsque nous arrivons au camping-car, l’intérieur est de nouveau chaud et confortable.
C’est un exemple très concret de gestion de l’autonomie : le chauffage n’a pas besoin de maintenir toute la journée la même température que lorsque nous sommes à l’intérieur, tout en permettant de retrouver un véhicule confortable au retour.
Avant d’augmenter les réserves d’énergie, il peut donc être intéressant de commencer par mieux gérer l’énergie déjà disponible.
L’eau chaude fait également partie de l’équation
Sur de nombreux camping-cars, la production d’eau chaude utilise elle aussi une partie des réserves d’énergie disponibles.
C’est notamment le cas avec un Truma Combi, qui réunit dans un même appareil le chauffage de l’habitacle et la production d’eau chaude. Selon l’installation, l’eau chaude peut également être produite par un équipement dédié, comme un Truma Boiler.
Les systèmes Alde assurent eux aussi le chauffage du véhicule et la production d’eau chaude sanitaire.
Douches, vaisselle et autres besoins en eau chaude doivent donc être pris en compte lorsqu’on cherche à estimer l’autonomie réelle du camping-car en hiver.
Une famille de quatre personnes n’aura pas nécessairement la même autonomie qu’un couple utilisant le même véhicule et le même système de chauffage.
Et là encore, le mode d’utilisation compte : maintenir de l’eau chaude disponible en permanence n’a pas les mêmes besoins énergétiques qu’une utilisation plus ponctuelle.
C’est une autre raison pour laquelle les calculs du type « une bouteille de gaz dure toujours X jours » doivent être considérés avec prudence.
Comment augmenter réellement son autonomie en hiver ?
Avant de modifier une installation, il faut identifier ce qui limite réellement l’autonomie.
Si le véhicule manque de gaz, augmenter la capacité électrique ne résoudra pas le problème.
Si la batterie est vide chaque matin alors qu’il reste beaucoup de combustible, ajouter une bouteille supplémentaire ne changera rien.
Si le camping-car perd énormément de chaleur, augmenter toutes les réserves peut fonctionner, mais ne traite pas nécessairement la cause principale.
Il faut donc regarder ensemble :
le chauffage, le combustible, la batterie, les moyens de recharge, le solaire, le type de voyage et les caractéristiques du véhicule.
C’est seulement ensuite qu’il devient possible de déterminer si l’amélioration la plus pertinente est une batterie plus adaptée, un booster DC/DC, davantage de capacité gaz, un chauffage différent ou une autre modification de l’installation.
Préparer son autonomie hivernale chez Camper Care
À Ballaigues, dans le canton de Vaud, Camper Care intervient sur les différents éléments qui déterminent l’autonomie d’un camping-car en hiver.
Chauffage Truma et Alde, chauffage diesel, installations gaz et GPL, batteries lithium, électricité, recharge DC/DC et énergie solaire peuvent être contrôlés, réparés ou adaptés en fonction du véhicule et de son utilisation.
L’objectif n’est pas nécessairement d’installer davantage d’équipements.
Il est de construire une installation cohérente avec la manière dont le camping-car est réellement utilisé.
Nous voyageons également nous-mêmes en camping-car. Nous connaissons donc la différence entre une autonomie calculée sur le papier et celle dont on dispose réellement lorsqu’il fait froid, que le chauffage fonctionne toute la nuit et que la prochaine prise 230 V se trouve plusieurs jours plus loin.
Une bonne autonomie hivernale n’est pas une question de batterie, de gaz ou de diesel pris séparément.
C’est un système dans lequel chaque élément doit fonctionner avec les autres.
Vous souhaitez améliorer l’autonomie ou le chauffage de votre camping-car pour voyager en hiver ? Contactez Camper Care pour étudier votre installation et les solutions adaptées à votre utilisation.


